Petite lâcheté printanière

Notez, je vous prie, que j’aurais résisté longtemps avant de finalement céder sur un malheureux coup de tête hier soir dimanche, aux alentours de minuit.

Toutes la semaine dernière, deux ouvriers sont venus faire des réparations dans le logement vacant du rez-de-chaussée de l'immeuble. Quand je dis réparations, je pense plutôt pansements sales et mouillés façon trompe-couillon, parce que je sais, moi, l'état profond de délabrement du dit appartement.
Pour être tout à fait clair :

  • le plancher de la salle à manger s'effondre un tantinet en vue d'aller rejoindre la cave et présente un splendide "jour"[1] avec le seuil de la cuisine qui permet aux rats venant du canal de se glisser chez l'habitant histoire de lui faire causette entre minuit et des..., voire jouer avec l'animal domestique s'il n'est pas déjà occupé dans la chambre. Tout le monde le sait, le rat est taquin,
  • une plinthe dans la chambre a été complètement bouffée par les rats et permet là aussi d'agrandir leur terrain de jeu,
  • au plafond de la seconde chambre, il suffit de lever le nez pour se sentir comme interrogé par une superbe auréole jaune pisse datant du dernier dégât des eaux, s'étalant sur les deux tiers de la surface et mimant à s'y méprendre un test de Rorschach,
  • le plancher du salon monte, puis descend, rendant le jeu de billes totalement impraticable,
  • l'électricité, aux normes d'avant la première moitié du siècle dernier, est d'époque, sans prise terre et gentiment gainée de textile, les prises se baladant parfois bien loin des murs,
  • la salle de bain devient sauna insalubre dès qu'on ferme la porte et permet aux moisissures de s'épanouir gaiement,
  • les chiottes sont dans la cour, c'est tellement pittoresque quand vient le froid ou la pluie,
  • comme c'est un rez-de-chaussée, les huisseries des fenêtres donnant sur la rue sont noires des pots d'échappement.

J'ai beaucoup de mal à comprendre comment en moins de cinq jours et avec si peu de bruit cela a pu être remis à neuf... Oui, vraiment beaucoup de mal.

J'avais dans l'idée de rédiger une petite note sympa pour informer les futurs visiteurs que le nettoyage des parties communes était à la charge des locataires et non à celle du syndic comme l'affirmait pourtant l'agence, et que l'isolation phonique pouvait convenir à un sourd profond.

Et puis, il y a eu la manifestation quotidienne de la famille Grouin. Pas tout à fait aussi forte que celle de ce jour-là, mais pas loin... Et là, je me suis dit : "qu'ils aillent donc au casse-pipe, j'ai déjà donné !".

Et nous voilà mardi, la ronde des visites a commencé. Je vais patienter tranquillement et voir venir. J'ai presque hâte que de nouveaux venus emménagent et se confrontent avec mes voisins hyper bruyants et incapables de la moindre des politesses, ça mettra un peu d'animation et amusera leur chat qu'ils oublient régulièrement dans l'escalier...

Voilà, c'est dit. Je vais donc me tenir à cette décision, et comme c'est écrit ici croire très fort, à l'instar de certaines personnes crédules et peu sûrs d'elles-mêmes, que c'est gravé au burin directement sur la paroi de mon écran.


Neuvième participation au Sablier - printemps 2008. Amorce de Colin Ducasse.

Notes

[1] très sombre évidemment puisque la cave n'est pas éclairée en permanence !

Commentaires

1. Le mercredi 2 avril 2008, 00:45 par Franck

Tu nous raconteras, hein ?

2. Le mercredi 2 avril 2008, 00:48 par brol

Vi ;-)
Note que j'essaie d'être aussi con que mes voisins, mais pfiouyouille, c'que c'est dur ! Par exemple, j'arrive toujours pas à téléphoner sur le balcon et à parler suffisamment fort pour que, porte et fenêtres fermées, on puisse suivre ma conversation depuis l'intérieur de l'appart... A ce propos, tu crois possible que les téléphones sans fil fonctionnent mieux loin que près de leur base ?

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