Leçons

Depuis janvier, je pense avoir beaucoup appris.

J'espère ne jamais oublier ces leçons :

  • ne plus laisser n'importe qui dire n'importe quoi sans réagir,
  • défendre mes valeurs et ceux que j'aime, coûte que coûte.

Malgré ma grande gueule, je n'ai jamais été quelqu'un de très affirmé publiquement.
Probablement le résultat du mélange assez foireux entre mon éducation à ne pas faire de vagues trop profondes et la certitude, de plus en plus ancrée au fil des années, que tenter d'éduquer ne sert à rien car les gens n'apprennent rien et/ou que je n'ai pas la manière pour (ce qui revient au même).

Le plus souvent, je râle dans mon coin et laisse les autres m'asséner leurs grosses conneries. Puis je ressasse jusqu'à la migraine.

Sauf que, depuis mon hospitalisation en janvier dernier et la mort de la chatoune, à bien y réfléchir, ce n'est juste plus possible. Je ne supporte plus.

Fin janvier, donc, au petit matin d'un lendemain de choucroute dominicale, le SMUR est venu me prendre chez nous pour m'emmener aux soins intensifs de l'hôpital à 70km au nord du patelin où on habite. Rectorragie est le terme exact de ce que j'ai eu. Je vous passe les détails. C'est très douloureux. Je crois bien qu'en comparaison la colite néphrétique est plus sympa (selon certaines femmes qui ont testé la colite néphrétique et l'accouchement sans péridurale, ce dernier est plus supportable)...
On m'y a fait un tas d'examens (fibroscopie, échographie, prises de sang, tension), on m'y a branché à un tas d'appareils qui font des bips incessants et perfusé à qui mieux mieux. J'y ai passé une nuit blanche car il faut savoir qu'aux soins intensifs, on ne peut s'y reposer car les infirmières y font la nouba toute la nuit et que les machines qui font des bips répercutent aussi les alarmes qui viennent des autres chambres. Et en soins intensifs, ça n'arrête pas.
Bref, le lendemain (mardi), on m'a redescendu à l'hôpital à 20km au sud de chez nous... Je suis resté dans le service de gastro trois jours.
Le premier jour, on ne m'a strictement rien demandé ni fait : aucune analyse, aucun médicament, aucun interrogatoire médical. Rien.
Le deuxième jour dans ce service, la toubib en chef est venue me voir et m'a asséné direct un "il va falloir arrêter de biberonner, à force vous allez avoir une cirrhose, et ça serait du gâchis, vous êtes encore jeune !" puis s'en est allée très fière d'elle.

Je vous passe ma stupéfaction.

Il est vrai que la veille de ma prise en charge par le SMUR, on avait mangé une choucroute arrosé d'une malheureuse petite bière (25cl). C'était dimanche au dîner et là, on était le mardi suivant.
Je parviens à imaginer que mon système pourrait garder longtemps de l'alcool dans le sang, mais plus difficilement après avoir été perfusé et rempli pendant 24h (à l'hôpital du haut).

Bref, après un temps de réflexion, je suis allé demander des infos complémentaires au bureau des infirmières et y ai rencontré la toubib en question.
Le but n'était pas de passer pour un non-alcoolique (je n'en suis pas un, sauf si boire une bière (25cl, de type 1664) deux ou trois fois par semaine constitue un comportement addictif et alcoolique, mais j'ai comme des doutes) mais juste de comprendre si avoir de l'alcool dans le sang après trois jours est possible. Techniquement.

Autant dire que la toubib a paru très sceptique quand je lui ai dit que je ne buvais pas régulièrement et qu'au bout de deux bières de 25cl, j'étais en général déjà un peu saoul.
Elle m'a dit s'être basée sur mes analyses sanguines faites à l'hôpital du haut et à l'examen clinique qu'elle a personnellement fait (en gros, elle m'a juste regardé comme on regarde un radar quand on passe devant en voiture).

J'ai demandé à ce qu'ils fassent de nouvelles analyses de sang. Elle a un peu rechigné.

Le lendemain à jeun, on m'a réveillé à 6h30 pour une prise de sang et vers 15h, n'en ayant pas de nouvelles je suis retourné au bureau des infirmières, la toubib qui doit y être cloîtrée m'a dit que les analyses étaient normales. Puis elle m'a demandé si c'était normal que je tremble...

"Ben oui, depuis mes 18 ans, je tremble. Surtout du chef, surtout quand je suis stressé. Et attendre dans un hôpital qu'on vienne m'informer de ce qui m'est arrivé, pourquoi j'ai fait une rectorragie alors que je n'ai pas de comportements à risques est, pour moi, quelque chose de stressant", lui ai-je indiqué.

Elle m'a demandé alors ce que j'avais pris comme médicaments la veille de l'épisode hémorragique. Rien.
"Et avant ?" "Un ibuprofène quelques jours avant. Pour une gingivite."

"Alors voilà, ça doit être ça."

Délirant.

Je veux bien croire que l'hôpital est en crise, qu'il manque des moyens financiers et humains, mais est-ce réellement une économie d'asséner des tartines de certitudes merdiques quand un simple interrogatoire clinique permet de trouver des réponses convenables ?

Dans un autre ordre d'idées, les appréciations "d'amis des bêtes" qui se disaient proches mais qui, sans doute possible, n'en étaient ni l'un ni l'autre.

Comme s'il était admissible que certains puissent penser qu'il est normal, autorisé, permis, de raconter n'importe quoi, de juger. De nous juger. Sans qu'il nous soit possible par la suite de dire NON. Parce qu'alors nous nous retrouverions dans la position de ceux qui ne supportent pas la critique, à qui on ne peut rien dire. Ou qui veulent à tout prix cacher un truc afin de paraître bien sous tous rapports ?

Mais c'est trop facile de venir nous agresser et de jouer à la vierge effarouchée quand on se défend !
Manifestement, c'est plus facile d'asséner des conneries irréfléchies plutôt que de demander...

C'est tout bonnement stupéfiant d'assister à des comportements délirants où le bon sens est relégué au dernier rang afin de faire toute la place à la bêtise et à la singularité exacerbée de ceux qui ne peuvent supporter de ne pas avoir, tout le temps et quel que soit le sujet, raison.
Quelle débauche d'orgueil déplacé !

Au final, je préfère mille fois mieux m'engueuler avec tout le monde plutôt que de m'écraser une nouvelle fois.

Je ne digère toujours pas les critiques qu'ont pu être faites à Moka.

Elle n'était pas caractérielle.

Par contre, il n'est pas dit qu'à force je ne le devienne pas !

Commentaires

1. Le lundi 27 juillet 2015, 16:21 par ddc

J'espère que depuis lors les médecins ont pu comprendre les causes de ce qui t'était arrivé et que tout est rentré dans l'ordre au niveau de ta santé ?

2. Le lundi 3 août 2015, 23:02 par brol

Intolérance à l'ibuprofène qui fait des trous dans l'estomac...

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