J'ai les tendons du cerveau qui font des nœuds

D'une manière générale, je fais tout pour ne pas souffrir. Je sais qu'il me serait plus reposant de savoir certaines choses. Pour éviter de m'en faire et de me faire des films pour commencer.
Manque de bol, la peur viscérale de la souffrance potentielle, hypothétique, m'englue dans l'inaction, dans le refus de savoir. C'est ballot, hein ?

Ça fait plusieurs mois que je me coltine une douleur sourde et quasi omniprésente entre le sternum et le flanc gauche. Une douleur en-dedans. Mais pas complètement non plus. Une douleur entre deux. Qui ne s'accompagnait de rien. Pas d'essoufflements, pas de toux, sans rien d'autre que cette gène, parfois douloureuse.
Puis sont venus comme des coups de poignard sous le sein gauche. Ça se ballade de dessous le bras jusqu'à la rate. Et puis ça revient à son point de départ.
C'est une gène qui m'empêche de dormir, qui me pourrit mon rare sommeil. Je me lève fatigué. Inquiet. Et j'use toute mon énergie à m'épuiser pour ne pas y penser.
Me suis longtemps dit que je somatisais de toute ma merde de vie, et puis, je pense au cancer, hein... inévitable quand on est fumeur.

Autant, mourir ne me fait vraiment plus peur, je m'en fous. Ça m'intéresse tellement peu de vivre.
Autant, souffrir, j'aime pas. Ça ne me dit vraiment rien. Et question souffrance, le cancer c'est quand même bien placé...

Je somatise donc. Peut-être.

Là, je me traîne depuis dimanche 7 février une sale crève qui s'est installée sur mes bronches et est en train de muer lentement en je ne sais trop quoi.
Ça a commencé par une toux sèche, à m'en péter les cordes vocales. Bien naturellement, j'ai passé deux jours à ne plus avoir de voix.
Curieusement, ce sont deux jours où j'ai eu le plus de coups de fil depuis bien longtemps.
Je suce donc des pastilles à la propolis qui me donnent l'impression de lécher un meuble fraîchement encaustiqué. Franchement dégueu. Un truc auquel je ne serai jamais accro, c'est déjà ça.
Là-dessus, j'ai du attraper un peu froid car j'ai le nez qui coule et j'éternue copieusement. Une toux moins sèche mais pas encore vraiment grasse qui annonce chez moi la rémission.

Comme je l'ai écrit à mon père, j'ai l'impression de soigner cette crève à l'homéopathie tellement ça dure. Sauf que je ne me soigne pas. Je ne fais rien pour ça. J'ai beau avoir mal, ça ne m'intéresse pas de guérir parce que je ne crois pas à l'aspect bénin. Ça fait trop longtemps que cette douleur est là.

Ma mère ne reconnait plus ma voix au téléphone et je me rends bien compte que parler m'est gênant, pas douloureux, juste moins fluide, forcé. C'est con, j'aimais bien ma voix.

Je soupçonne quand même mes chers voisins de participer à l'entretien de cette toux débilitante : ils fument comme des pompiers et l'isolation merdique de la pièce doit laisser passer la fumée car ça pue le tabac froid dans ma chambre !

Accessoirement, j'ai arrêté de fumer depuis le vendredi 5 février. Plus parce que je n'éprouve plus de plaisir à fumer que par crainte d'aggraver mon état. Mais je me dis que ça ne servira à rien. Il doit être trop tard. Maintenant que je suis bien passé à côté de ma vie...

Commentaires

1. Le lundi 1 mars 2010, 14:23 par saperli

rassure-toi, ça fait 10 ans que j'ai arrêté de fumer en pensant que de toute façon il était trop tard... J'ai quand même gagné 10 ans sans tousser et sans penser au cancer à chacune des trente (et parfois plus) clopes quotidiennes et à chaque quinte de toux. Ce que tu décris ressemble à un état grippal qui de toute façon ne se soigne pas autrement qu'avec des pastilles pour adoucir la gorge. Si tu as une bronchite, tu en reconnaîtras bien les signes. Quand aux autres fortes douleurs dont tu parles, j'avais les mêmes, aux mêmes endroits, dues je pense à une irritation de la paroi stomacale, ou à une hernie hiatale, choses très fréquentes chez les fumeurs. Dans quelques temps sans tabac, quand tu te sentiras mieux, tu pourras consulter si tu y penses encore.

2. Le lundi 1 mars 2010, 18:34 par Flo

j'ai passé un sale hiver avec quand même 5 "rhumes" en 4 mois de temps : avec toux ou sans toux, ou des angines tellement douloureuses que j'aurai pu m'arracher les amydales avec les doigts.
alors que d'habitude j'ai maxi deux rhumes en 6 mois...
je met ca sur le compte de mon accident de l'été, j'ai du m'affaiblir quelque part....

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