Nez fin
dimanche 10 janvier 2010, 09:02 - éveiller les sens
Trait héréditaire (en perdition peut-être ?), j'ai le nez fin. Une odeur qui me sera déplaisante peut aller jusqu'à m'empêcher de dormir...
Il semblerait que j'ai hérité cette faculté de ma grand-mère paternel que l'odeur du poisson frit rendait nauséeuse.
Moi, ce sont les poubelles et les produits industriels. Et plus particulièrement les agrumes en décomposition et la lessive. Non seulement, j'éprouve un grand dégoût mais en plus ça me file la migraine, et quand on sait que je peux cumuler jusqu'à 4 jours non stop de migraine à me taper la tête contre les murs, on pourra facilement détecter dans les propos qui vont suivre un certain énervement...
Mon coloc est un adepte du sport de montagne, du grand air, et de la plongée sous-marine[1]. Bref, on pourrait s'attendre à ce qu'il apprécie les atmosphères épurées.
Eh bien, pas du tout.
Lors d'une de ses sorties, il a ramené une poubelle à pédale. Il était tout ravi de sa trouvaille... il y a deux semaines !
Il a bien essayé de me la fourguer pour la cuisine, mais comme il se proposait de la placer devant la porte donnant sur le balcon sur lequel je sors fumer mes clopes, j'ai dit non. C'est qu'il n'y a pas une surface démentielle côté cuisine.
Alors voilà mon coloc qui prend sa poubelle a pédale sous le bras et la remise dans sa chambre.
Fin du premier acte.
Un peu plus tard le jour même, en entrant dans la cuisine, j'ai eu la furieuse impression de m'être trompé de lieu. Une cuisine ? Vraiment ? Pas plutôt une foutue laverie ? Je repère vite-fait l'objet de mon dégoût et l'expulse illico du lieu en le remisant dans le couloir de l'entrée : faire revenir des oignons et ne sentir que la lessive, j'aime pas. Pour ma part, je privilégie autant que possible les produits ménagers verts. Primo, c'est moins crade pour l'environnement ; secundo, mes sinus ne sont pas agressés.
J'informe mon coloc que sa lessive puante a migré dans le couloir et celui-ci tombe des nues quand je lui dis que l'odeur me dérange.
Fin du deuxième acte.
Le lendemain, mon coloc fait sa première lessive. Cette fois-ci, c'est mon tour de tomber sur le cul : en passant dans la cuisine, j'entends un bruit bizarre, comme un truc qui peinerait. Je regarde le tambour du lave-linge et c'est bien ça. Je ne sais même pas comment cet abruti est parvenu à fermer le hublot mais le tambour ne tourne pas comme il le devrait en début de programme. C'est lent, on dirait que ça force. Bref, ça va pas le faire.
J'appelle le coloc et lui demande s'il a rempli le tambour en forçant. Il me dit "pas tant que ça". Et me voilà parti à la recherche de la notice du lave-linge, c'est que je n'ai jamais eu à l'arrêter en cours de route cette machine...
Je vidange et l'ouverture du hublot peut enfin se faire. Si je vous dis qu'il n'a pas fallu tirer sur la poignée pour que celui-ci s'ouvre en grand tout seul, vous me croyez ?
J'explique à l'ahuri que bourrer une machine ne sert à rien, si ce n'est à avoir du linge mouillé à peu près propre autour et du crade un peu mouillé à l'intérieur.
Fin du troisième acte.
Quelques jours plus tard, une odeur d'agrumes en phase de pourrissement certain s'annonce. Je fais le tour de la cuisine, rien, pas une clémentine ou un citron en faute. Pareil pour le salon, mais l'odeur se précise. Arrivé devant la porte de la chambre de mon coloc, le doute n'est plus permis. La pestilence vient bien de là ! Bien qu'il ne soit pas là, j'ouvre et constate que la fameuse poubelle est bien la fautive. Pleine à s'en faire péter le couvercle !
Arrivé à ce stade, je me demande comment lui demander s'il compte un jour faire le nécessaire. C'est que la diplomatie, c'est pas vraiment ma qualité première...
Je ne comprends même pas comment il parvient à dormir dans de telles effluves nauséabondes. Moi, ça fait deux jours que j'ai la nausée. Alors, quand il est parti ce matin à 6h30, je me suis levé, j'ai pris sa poubelle de merde et l'ai foutu sur le balcon !
Comme je suis passé par la cuisine, j'ai pu découvrir avec écœurement que la machine qu'il avait lancé dans la nuit était toujours pleine de ses frusques humides et que mon projet de faire mes propres lessives s'en trouvait un poil compliqué.
En passant dans le couloir de l'entrée, j'ai pris son putain de paquet de lessive immonde et l'ai foutu sur le palier, cette saloperie continue d'empuantir mes affaires.
Fin du quatrième acte.
Bref, tout ça pour dire que finalement, je n'ai pas eu le nez si fin que ça mais que dès son retour, je vais lui dire que cette colocation, ben, ça va pas le faire et que ça serait mieux qu'il cherche un autre lieu pour faire ses expériences... Parce que là, j'ai somnolé une petite heure et je suis très très colère !
Sur ce, je retente de dormir un peu : j'ai aéré en grand et mis de l'encens.
Notes
[1] à ce propos, me vient la réflexion un peu débile du pourquoi préciser "sous-marine" ? Quand on plonge, c'est forcément sous l'eau, non ?

Commentaires
je n'ai pas le nez fin et je ne suis pas migraineuse, pourtant les agrumes en décomposition ne sont pas ma tasse de thé. Je comprends les soucis que te posent cette cohabitation. Nous n'avons pas tous les mêmes valeurs.
L'unique question que je me pose est comment formuler mon souhait qu'il se casse, vite. Est-ce que je lui dit la vérité : il est négligent avec l'hygiène (franchement, ça m'a coûté de devoir lui dire qu'une baignoire ou un lavabo, ça se rince après utilisation), il est perso, bref, éduquer ou rappeler à l'ordre un boulet, ça m'épuise !
Ou j'invente un gros bobard, et encore faut-il trouver lequel ?
Arf, dis-lui que tu as besoin de récupérer sa chambre urgemment pour quelqu'un de ta famille qui débarque impromptu dans ta ville.
(tiens, ici aussi "se souvenir de moi" ne se souvient pas... je vais enlever ton cookie)
signifie-lui que la période d'essai n'est pas concluante et qu'il faudrait qu'il songe à chercher autre chose, sans plus, en lui donnant un délai.
Meuh non, on peut aussi plonger ...d'un plongeoir, et alors ce n'est pas de la plongée sous-marine, mais du plongeon ...
L'encens est toxique enfin ! Essaie plutôt ...les oranges piquées de clous de girofle !
@ meerkat et saperli : j'hésite entre l'excuse familiale et celle professionnelle, genre un collègue cherche à se loger pour une mission sur la ville (ma boîte étant basée à Niort).
Le plan de la période d'essai risque de m'entraîner dans un listing de récriminations et j'aimerai autant limiter les tensions...
D'un point de vue délai, j'ai un déplacement à faire vers le 26 février prochain et j'aimerai qu'il ait décanillé d'ici-là. Ça vous parait trop court comme délai ?
@ Ennairam : ah oui, on peut plonger d'un plongeoir. Note que comme je flotte comme une enclume, toutes ces choses nautiques me sont un chouille étrangères
Pour ce qui est de ton idée de l'orange (qui est un agrume) piquée de clous de girofle, je vais te la laisser : la senteur est trop forte, l'opération laborieuse et je n'aime pas l'odeur des clous de girofle qui me rappellent le dentiste.
Oui, je suis un chieur...
surtout a-t-il été prévenu qu'il était en période d'essai ?
j'évoquais une période d'essai non pas officielle mais pour faire comprendre que tout n'a pas été rose de vivre en sa compagnie. La liste des "récriminations" me paraîtrait pourtant utiles afin de faire ressortir à ce Monsieur qu'il n'est pas fait pour la co-location (ou au choix, qu'il n'est plus chez sa mère...). Le délai semble correct, sauf que je ne sais pas quelles sont les difficultés pour les étudiants à retrouver un logement en cette période hivernale.
Je vote pour la méthode saperli, plutôt que donner une fausse excuse... sauf s'il est du genre psychopathe
L'éducation des cons, j'ai déjà donné et si je peux m'en passer, je n'hésiterai pas un instant.
là, ça me semblerait plutôt être une bonne leçon que de l'éducation...( l'éducation, aux parents et la leçon au Maître
.
Vais finir par demander à mon ancienne coloc (une perle !) si elle a mal vécu son année scolaire avec moi... J'imagine que non car elle m'a invité à miamer chez elle en février, mais bon.
Je n'ai vraiment aucune envie d'être un Maître !