De cause à effet
vendredi 21 août 2009, 15:17 - éveiller les sens
Depuis quelques jours, je vois fleurir sur les blogs le grand marronnier de pré-rentrée "la télé çaymal" avec une petite variante sur le thème de l'écologie "la télé ça pollue la convivialité et ça rend con".
Je dois être passablement abîmé car je ne vois pas comment il est possible de créer un lien de cause à effet entre ce média et la convivialité et/ou l'abrutissement -supposé- des gens.
J'ai un poste de télé pour le confort de l'écran (pour ma part, nettement plus agréable que celui d'un ordinateur) que ce soit pour regarder des programmes diffusés via l'offre de mon fournisseur d'accès [1] ou visionner des DVD.
Regarder la télé n'est pas une obligation. Ça ne remplace rien dans ma vie. C'est une activité comme une autre, accessible et parfois divertissante. Il n'y a rien d'irrémédiable dans le fait de posséder un tel outil. Car c'est avant tout un outil.
Allumer la télé n'implique pas de débrancher le cerveau et de tout prendre pour argent comptant. Je dirai même que c'est une plutôt bonne école pour apprendre à se forger une opinion.
Face aux flots d'informations, il n'y a, me semble-t-il, que deux attitudes possibles. Soit on gobe et on croit tout (et très souvent son contraire) [2], soit on apprend la nécessité de diversifier les sources d'information et de les confronter les unes aux autres. Tout comme on fait jouer la concurrence quand on se renseigne sur l'achat d'un bien.
Bref, j'estime ce débat tout aussi puéril et fin de race que celui des dangers d'internet ou des jeux vidéo. Mais bon, faut croire que ça occupe.

Commentaires
Et ce qu'il y a de bien avec la télé c'est que le même bouton servant à l'allumer sert aussi à l'éteindre. Cool !
Ma télé sert souvent et essentiellement pour visionner des films. Je ne consulte que 7 ou 8 chaînes sur les 30 offertes par la TNT. Dont les films sur C+ et C+ Cinéma (voui, j'y suis abonné depuis près de 20 ans). Ni sports, ni jeux, ni séries (faut être fidèle et se rappeler de l'épisode précédent)...
Je suis donc tout à fait de ton avis...
"Bref, j'estime ce débat tout aussi puéril et fin de race que celui des dangers d'internet ou des jeux vidéo. Mais bon, faut croire que ça occupe." - et c'est pourquoi tu y participes
Je n'avais en aucun cas l'envie ni l'ambition de lancer un débat, mais on dirait que tu aimes titiller, alors allons-y.
"Je dois être passablement abîmé car je ne vois pas comment il est possible de créer un lien de cause à effet entre ce média et la convivialité et/ou l'abrutissement -supposé- des gens." - ça c'est du à la qualité intellectuelle des programmes télévisuels, qui volent rarement très haut... (je ne prends pas en compte le cable, ni canal +, étant payant) la TNT aussi mais ça se démocratise plus.
"J'ai un poste de télé pour le confort de l'écran (pour ma part, nettement plus agréable que celui d'un ordinateur) que ce soit pour regarder des programmes diffusés via l'offre de mon fournisseur d'accès 1 ou visionner des DVD." - certains écrans d'ordinateur sont très conforts également. Évidemment, sur du 10", un reportage, ça passe mal
"Je dirai même que c'est une plutôt bonne école pour apprendre à se forger une opinion." - Quand toutes les informations sont mono-cordes, moui. Entre les JT de TF1, FR2, FR3, M6, que ce soit dans le contenu ou le traitement, je ne vois pas grand différence.
"Soit on gobe et on croit tout (et très souvent son contraire)" - Alors tu es bien plus optimiste que moi face à l'attitude qu'on les gens devant leur écran de télé
@ mirovinben : tu as une grande force d'âme. On monte un club ?
Je certifie ici ne pas avoir lu l'échange qui s'est déroulé ailleurs...
Par contre il est vraisemblable que je rajoute cet ailleurs dans mon agrégateur. Et je m'aperçois que l'on trouve souvent les même intervenant(e)s dans beaucoup des blogs de ma liste... Il me semble que c'est ce qu'on peut appeler une "blogosphère" (et je crois me souvenir que tu n'aimes pas ce mot)...
@ Quentin : bienvenue ici
Participer à cette interrogation, stérile, des programmes télé (çaymal, ça pue, y a d'autres choses dans la vie, c'est pas convivial, internet c'est mieux, etc.), j'avoue que ça me parait vraiment pas intéressant. J'y participe, tout comme toi j'imagine, pour donner un avis, une autre vision (j'ai plus 18 ans donc j'ai ce droit
) et puis je résiste mal à une invitation à troller...
Les programmes télé, c'est comme aller au marché pour moi. Je pioche dedans en fonction de mon humeur. Je suis certaines séries, pas toujours de très haute qualité c'est certain mais c'est avant tout un choix.
Personne ne se trouve à mes côtés et nulle arme n'est posée sur ma tempe pour m'obliger à les subir.
J'aime me trouver à 4 ou 5 mètres d'un écran. Ça crée une distance et c'est bon pour mes yeux. Le recul derrière mon écran d'ordi ne me permet pas, sans défoncer un mur, d'obtenir cette distance (physique et émotionnelle aussi).
Avoir une télé avec uniquement les chaînes que tu cites n'empêche pas de se procurer d'autres sources d'information (presse, internet, radio, conversations avec des amis, de la famille, des collègues, etc.).
Décréter qu'on a la télé ou qu'on la regarde n'implique pas qu'on se trouve dans une cellule capitonnée située sur une île déserte.
La télé ne rend pas con. L'absence de curiosité nettement plus selon moi. Mais la télé en elle-même n'est jamais qu'un outil. Si tu ("tu" général, rien de personnel) n'es pas en mesure de créer une distanciation avec l'outil, c'est pas en le supprimant que tu vas devenir moins con. Tu resteras tout aussi con mais tu auras plus de temps pour faire autre chose, ou rien.
Je ne crois pas être un grand optimiste. Par contre, ça te paraîtra probablement prétentieux mais ce n'est pas grave, je crois qu'il est utile de s'ouvrir les yeux et de participer à cet élan de ne pas penser comme tout le monde, et de l'écrire. Dont acte.
@ mirovinben : comment te croire ? tu as la télé ;-p
Pas de souvenir de rejet quant à la "blogosphère", comme je n'ai pas bien dormi depuis des jours je ne me prononcerai donc pas
Je me suis peut-être trompé... faut dire également aussi pareil que je ne dors pas très bien ces temps-ci. Et à mon âge, c'est redoutable pour les deux ou trois neurones qui essayent encore d'envoyer du courant.
En fait je crois qu'on a exactement le même point de vue, sauf que tu aimes la télé. Les gens qui regardent la télé (mais j'aime pas dire ça comme ça, j'ai l'impression d'être supérieur, alors que non, juste des modes de vie différents) sont en général "mono-média", se contentent de la télé, et de tout ce que ça comporte (contrôle par les politiques, l'argent, etc. La télé rend con parce qu'elle n'incite pas les gens à aller voir ailleurs (cause à effet). Tu diras peut-être la même chose d'internet, mais je n'ai pas la même sensation
Les gens causent entre eux des mêmes choses vues sur les mêmes chaines, très enrichissant
Et il y'a le même marché dont tu parles sur internet.
Je maintiens mes propos de chez Quentin. Le genre « j'arrête quand je veux » ne s'applique pas à tout le monde, tant mieux pour ceux pour lesquels c'est le cas. Moi s'il y a (avait devrais-je dire, car après plusieurs années sans télé, le réflexe s'est perdu) une télé chez moi, je l'allume pour un truc qui me plaît puis je ne sais plus l'arrêter et je fais – comme dit chez Quentin – le choix du moins pire programme plutôt que passer à autre chose.
Vous croyez vraiment que je suis unique en mon genre ? Il y a une vingtaine d'années, un documentariste a proposé aux habitants d'un immeuble de leur retirer leur télé pendant quelques semaines et il a interviewé les gens à plusieurs reprises pendant ce laps de temps. Eh bien ils ont (re)découvert des tas de choses à faire auxquelles ils ne pensaient même pas, tant le réflexe ON pour le journal du soir enchaîné avec la suite était incrusté. Pourtant hein, il suffisait qu'ils éteignent le poste !
Alors tant mieux pour vous, brol et mirovinben, mais je crois que ce serait faire une impasse intellectuelle que croire qu'« il suffit de » pour tout le monde. Ça n'était pas le cas pour moi en tout cas. Encore une fois, la suppression de la télé sur un temps suffisamment long m'a débarrassée de cet effet machinal, je ne suis pas près de retenter le diable
J'achète les séries que j'aimais, ou je vais chez des amis regarder une émission qui m'intéresse particulièrement et c'est parfait comme ça.
@ Quentin : oui, il y a le même marché sur internet, avec beaucoup de merdes aussi.
Mais ce n'est pas le vecteur d'information qui est en cause, mais l'utilisation que tu es capable d'en faire.
Je déteste l'idée de fatalité. Si je devais y croire, je me serai flingué depuis longtemps. Ce qui aurait été peut-être dommage...
Concernant la pub que tu évoques sur Twitter, que ça soit celle des magazines télé, celle qui saucissonne les programmes, celle contenue dans les pages web (adblock est un bienfait pour l'humanité surfante) ou encore celle qu'on voit fleurir à chaque coin de rue, je n'y suis pas un instant attentif. Mon regard se pose dessus mais je ne traite pas l'information. Je ne sais pas d'où ça me vient mais c'est ainsi. Peut-être la distanciation physique m'aide à ne pas tout prendre dans la gueule, et subir sans réfléchir. Sais pas.
@ Kozlika : le problème que tu abordes (tu peux me corriger si d'aventure tu reviens par ici) c'est celui de la télé chronophage.
Cet aspect, je le retrouve tout autant dans internet, les jeux, la lecture. Bref dans des activités qui ne nécessitent pas pour être menées à bien l'intervention d'autres personnes.
Je peux tout autant passer des heures à ne rien faire devant une télé à m'enfiler des programmes d'une nullité affligeante que de perdre mon temps à surfer sur internet sans parvenir à m'arrêter.
En général, c'est ce qui se passe lors de mes insomnies : je zappe entre plusieurs activités jusqu'à épuisement physique.
Mais encore une fois j'estime que ce n'est pas un défaut de la télé.
Ouais, ce que tu aimes surtout, c'est t'endormir dans le bruit chez les autres, hein !?
Bon, ce qui me dérange le plus dans les médias c'est l'absence volontariste de ne faire de la pub que pour eux et de décrier les autres.
Pour la télé, le grand mal c'est internet. Pour le cinéma, c'est la télé. Pour les artistes (enfin les majors surtout), c'est le téléchargement illégal, etc.
Franchement, c'est pas ainsi qu'on peut espérer éveiller les consciences !
Bon, ok, ce n'est probablement pas l'intérêt de nos gouvernants de trop le faire...
Heu... Kozlika, je ne souhaite pas imposer ma façon de faire et ne me considère pas comme membre d'une pseudo élite... Je suis peiné que tu ais pu croire le contraire.
J'avoue avoir zappé plus d'une fois entre des chaînes au contenu affligeant, juste parce que j'attends l'émission qui m'intéresse, que mon fauteuil est trop confortable, que j'ai envie de rien de précis en attendant.
Et puis, pour conforter ses choix (et se remettre en cause de temps à autre) il faut bien aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte ailleurs.
J'oubliais de dire que je suis un très ancien et fidèle lecteur de Télérama dont les parti-pris sont souvent agaçants, dont je ne suis pas forcément les conseils mais qui m'aide à ne pas appuyer trop tôt sur le bouton ON vu que, moi aussi, j'ai parfois du mal à le relocaliser quand il devient OFF.
Et Mme Mirovinben, qui n'aime pas la télé, n'a jamais été attirée par contenant et contenus, m'amène de plus en plus souvent à porter un regard critique sur ma façon de procéder.
Maintenant, il faut bien avouer que les contenus prennent une direction qui m'incite à éteindre de plus en plus rapidement après mes zappings heu... compulsifs. Et j'aime trop qu'on me raconte de belles histoires, bien construites, qu'on ne me prenne pas pour un imbécile et qu'on fasse plus appel à ma réflexion qu'à mes émotions les plus basiques (tendance très forte des journalistes qui oublient de rapporter juste les faits). D'où mon appétence pour les films, le fait que je préfère à présent consulter l'actu sur internet et mon abonnement à Arrêt sur Images depuis les premiers jours de sa présence sur le net.
Juste pour mieux comprendre et de connaître d'autres partis-pris.
Comme mirovinben, je ne cherche pas plus à convaincre qu'à imposer la télé dans les foyers qui la refusent. J'aime trop avoir le choix pour moi pour me mettre à imposer quoi que ce soit à d'autres !
Un autre truc qui me chiffonne : cette idée curieuse que rester devant la télé c'est forcément le mal absolu, que regarder des émissions débiles c'est forcément une preuve irréfutable de bêtise (qu'on soupçonne peut-être même d'être contagieuse).
Pour mon équilibre, j'aime, parfois, rester comme une limace devant ma télé à zapper et suivre un programme vraiment bien débile. Et je n'y vois aucun danger.
Regarder une daube ne signifie pas se vider le cerveau. On peut à la rigueur perdre son temps qu'on aurait pu utiliser à faire autre chose. Mais sans aucune certitude que cet autre chose aurait été meilleur.
Plutôt que de regarder tel programme, j'aurai pu aller boire un demi dans un bar, puis un autre, et encore un autre... De là à penser que tous les bars sont des lieux de perdition et incitent à l'alcoolisme, il n'y a qu'un pas.
Cette idée que la télé équivaut systématiquement à un abrutissement addictif, vraiment, je ne la comprends pas !
Il me semble qu'il y a tout autant d'addiction à rester des heures devant son ordi.
Ceci dit, il y a bien un truc qui m'horripile complètement à la télé, et j'ai bien du mal à l'occulter. Je veux parler de la diction totalement anarchique des présentateurs, animateurs et autres journalistes (principalement ceux qui présentent les JT et autres magazines dit d'actualité).
Bordel ! Mais où ont-ils appris à hacher ainsi leurs phrases ?
"Mais où ont-ils appris à hacher ainsi leurs phrases ?"
Dans les mêmes écoles de journalisme avec les mêmes profs et/ou les mêmes référents. Même moule, mêmes produits interchangeables...
Toi aussi ça t'énerve ?
Qu'en pense Télérama que j'abhorre ?
http://www.nolife-tv.com/decouvrir
On est supporters ou on ne l'est pas
Je ne suis carrément pas. Splendide encodage...