In memoriam
samedi 18 juillet 2009, 03:51 - éveiller les sens
"Et comment va ta mère ?", dis-je parfois à mon père.
"Aux dernières nouvelles, ça va." ou "Elle me fout enfin la paix !", me répond-il alors.
C'est ainsi que lui et moi nous souvenons de nos morts.
Non pas que ceux-ci nous hantent mais, simplement, qu'il nous faut faire avec leur disparition et tous les non-dit, tous les non-réglés qu'ils ont laissé en suspend...
Ça me manque de ne pouvoir faire de même avec mes propres morts. De ne pouvoir partager avec les amis communs, sans effusions excessives.
C'est tellement plus simple quand l'affectif ne vient pas fourrer son nez n'importe comment... pour tout embrouiller au final.
Ça me manque de ne pouvoir parler de lui, d'un autrement qui était sur le point de voir le jour.
Sommes-nous en paix avec eux ?
Sont-ils en paix avec nous ?
Et nous avançons...
J'ai bien plus de mal à me concilier les vivants que les morts.
La faute au mutisme familial qui consistait à ne rien exprimer de personnel, de trop intime ? A détourner les yeux quand d'aventure un sujet s'amenait pour vite-vite parler d'autre chose.
Et garder les squelettes dans le placard, et choisir le plus mauvais moment pour les aérer, dans la confusion.
Les vivants m'intimident le plus souvent, me déroutent de ce que je crois être ma voie. Certaines voix portent jusqu'aux tréfonds, et résonnent résonnent résonnent et impriment le doute.
Les morts, eux, œuvrent en silence, en toute bienveillance.
J'aspire à la paix.

Commentaires
Que savons-nous de la paix des morts ? Ce n'est là qu'une autre illusion arrangeante. En parler comme s'ils étaient encore vivants, c'est refuser le deuil, continuer à les "porter". Les morts avancent, peut-être après tout, mais ce sont aux vivants d'avancer, en réalité, ce sont aux vivants d'œuvrer.
C'est sympa cette belle tolérance que tu prêches. Tu permets si je m'en tamponne ?
Les propos péremptoires des ptitchefs m'ont toujours bien fait rire, on les trouve toujours chez les vivants qui ne croient qu'en leur réalité et contribuent grandement à la stagnation de tous.
Contrairement à ce que tu exprimes, j'avance. Mais j'avance en étant relié à tous ceux (vivants et morts) qui ont participé (et participent) à ce que je suis aujourd'hui.
Je préfère de loin penser à mes morts quand j'en ressens l'envie que de le faire à date fixe en allant gerber des fleurs sur leurs tombes.
Ben alors, on se bagarre ? Ah ces chats, ils sont jouettes quand même...
C'est peut-être moi qui suis à côté de la plaque bien sûr, je n'en sais rien mais suis juste surprise !
Plus sérieusement, je ne sais diable pas dans quel sens tu as pu interpréter le commentaire d'Ardalia pour en tirer ça, en tous cas j'y lis tout autre chose ?!
Tu y lis quoi ?
je rejoins ddc... elle n'est pas "petit chef" dans ses "propos péremptoires" (oula c'est pas un peu lourd ?), et elle n'a jamais dit que tu n'avancais pas...
Déjà j'y lis des généralités, rien qui te concerne toi, ensuite j'y lis principalement un constat d'ignorance, rien de péremptoire. Le tout mêlé de propos genre "sagesse populaire" (la nécessité de faire son deuil et que seuls les vivants ont la possibilité d'oeuvrer), là encore rien de personnel ni aucune critique... C'est "ma" lecture, je ne connais pas Ardalia, tu as sûrement des raisons de lire autrement son commentaire mais ces raisons sont-elles liées à toi ou à elle ? (je veux dire : il y a peut-être quelque chose dans ses propos qui entraîne chez toi une "surréaction"
)
Oui, tes deux dernières phrases laissaient entendre une relation entre les morts et la paix, c'est à cela que j'ai réagi. Je ne voulais pas te blesser, si c'est le cas, j'en suis désolée.
Je mettrais ta réaction sur le compte de la sensibilité du sujet et ne reviendrais donc plus sur celui-ci.
@ Flo : euh ? C'est Ardalia qui dit que les morts n'ont pas à avancer, moi je dis juste, dans mon billet, que mes morts œuvrent en silence... Car je ne conçois pas que l'esprit s'éteint. J'estime qu'il y a chez certaines personnes une bienveillance qui perdure. Je ne cherche à en convaincre personne (je t'avoue même que cet aspect m'indiffère totalement). Je partage sur mon blog ma façon de vivre, je n'y délivre pas des enseignements à suivre impérativement. Chacun y prend ce qu'il veut.
@ ddc : aaaaahhhhh ! des généralités !
Euh ? Ça sert à quoi ce truc ?
Genre "après la pluie, le beau temps" ? On est vachement avancés après ça !
Quand je réagis à un billet, c'est en relation évidente à ce billet, pas pour y débiter des généralités.
Rien de personnel contre Ardalia, pas de sur-réaction. Je ne comprends simplement pas ce qu'elle a pu interpréter de mon billet pour estimer que la "paix des morts" est une "illusion arrangeante" (je me demande bien en quoi), dégoter un incompréhensible "refus de faire son deuil" (comme s'il n'existait déjà qu'une façon tolérée de faire son deuil, et en quoi je ne ferai pas mon deuil en communiquant avec mes morts d'abord ? merdalors ! et ma liberté, vous savez ce qu'elle vous dit ?!) et prôner une "réalité" que je ne peux personnellement suivre car elle ne me correspond en rien.
Bref, si ce ne sont pas des propos de ptitchefs ce sont des généralités sans saveur qui opposent illusion et réalité. Comme si la vie était aussi binaire.
@ Ardalia : je ne suis pas blessé. Mes deux dernières phrases n'ont aucun rapport l'une avec l'autre. Si j'aspire à la paix, ce n'est pas de la part des morts. L'unique mort qui m'a un tantinet pourri ma vie, je lui ai réglé son compte il y a bien longtemps
Quant au sujet que tu estimes "sensible" il ne l'est pas. Les morts font partie, au même titre que les vivants, de ce que je suis. C'est comme si tu disais que la vie est sensible. Ça ne veut pas dire grand chose pour ce qui me concerne.
Edit 19/07/09 : excuses présentées à Ardalia (et acceptées) avec explications motivantes quant à ma réaction.
"A ceux qui me manquent, à tous les temps", tu fais ressurgir cette phrase qui m'avait beaucoup marquée.
"Les morts font partie, au même titre que les vivants, de ce que je suis"
(bon beh, je ne fais pas avancer le schmilblick, tant pis)
@ meerkat : ça sent les vacances bloguesques
Tu en profites bien au moins ? Les greffiers sont d'une bonne aide me dit-on...
Ha, ça me replonge dans un vaste débat... Chaque deuil est personnel. En plus il y a des degrés : un père, ou un frère, c'est pas pareil. Il n'y a pas de statistique, de manuel de savoir-"vivre" (lol) sans les absents, pas de recettes : c'est expérimental. Et on agit ou réagit comme on peut. Il y a bien les bouquins ("Ceux qui vont mourir, vous apprennent à vivre", Marie-France Hirigoyen, pratique pour avoir de la place dans le métro
), mais bon, c'est trop intellectualisé. Après avancer ou pas, je ne suis pas sûre que ce soit la question. Je pense que les propos plein de sollicitude sont charmants, mais inéfficaces, et trahissent au mieux une maladresse, au pire une ignorance du sujet. Moi je ne vois qu'une chose : y a ceux qui savent (et connaissent), et ceux (qui par chance) n'ont pas encore été touchés. Mais c'est pas grave. Mais je comprends parfaitement brol. Mon identité, ma personnalité d'aujourd'hui est totalement dûe à mes absents. J'ai du "Kennedy" en moi, et je vais plus aux enterrements qu'aux mariages !
Bon, au départ, j'étais venue (par curiosité) pour voir le site d'un gentil garçon qui m'avait répondu pour un problème de plugin sur le forum de Dotclear...
Les hasards du net...
@ fulloptions : bienvenue ici.
Je suis toujours un gentil garçon, je suis seulement totalement dépourvu de diplomatie.