C'est ainsi que lui et moi nous souvenons de nos morts.

Non pas que ceux-ci nous hantent mais, simplement, qu'il nous faut faire avec leur disparition et tous les non-dit, tous les non-réglés qu'ils ont laissé en suspend...

Ça me manque de ne pouvoir faire de même avec mes propres morts. De ne pouvoir partager avec les amis communs, sans effusions excessives.
C'est tellement plus simple quand l'affectif ne vient pas fourrer son nez n'importe comment... pour tout embrouiller au final.
Ça me manque de ne pouvoir parler de lui, d'un autrement qui était sur le point de voir le jour.

Sommes-nous en paix avec eux ?
Sont-ils en paix avec nous ?

Et nous avançons...

J'ai bien plus de mal à me concilier les vivants que les morts.
La faute au mutisme familial qui consistait à ne rien exprimer de personnel, de trop intime ? A détourner les yeux quand d'aventure un sujet s'amenait pour vite-vite parler d'autre chose.
Et garder les squelettes dans le placard, et choisir le plus mauvais moment pour les aérer, dans la confusion.

Les vivants m'intimident le plus souvent, me déroutent de ce que je crois être ma voie. Certaines voix portent jusqu'aux tréfonds, et résonnent résonnent résonnent et impriment le doute.
Les morts, eux, œuvrent en silence, en toute bienveillance.

J'aspire à la paix.