Du pourquoi la discrétion publique chez un extraverti peut devenir ulcérante
lundi 29 juin 2009, 17:41 - éveiller les sens
Quand j'ai commencé ce blog, j'avais dans l'idée d'en dire le plus possible, sans contrainte extérieure. Comme une rébellion à ce que j'estimais vivre au quotidien, dans mon couple, dans ma famille, dans les échanges sociaux que je pouvais avoir. La pression extérieure m'insupportait et m'insupporte toujours.
Le but était d'enfin pouvoir assouvir mon besoin d'être et non de verser dans le paraître qui me fait, avouons-le, franchement dégueuler.
J'ai toujours considéré qu'il n'y avait pas de sujet tabou. Que tout pouvait être exprimé[1]. Après tout, personne n'est forcé de continuer à lire ce blog...
C'est ainsi que la catégorie "boue et vase" a vu le jour. Comme une soupape essentielle à mon propre développement personnel. Je pense très sincèrement qu'elle m'a évité de me supprimer au moins deux fois. Je ne sais si son existence ou le fait que je sois toujours là sont une bonne chose[2], je constate froidement, c'est tout.
Cette rubrique a disparu comme je l'ai indiqué précédemment. Simplement parce que sa charge défoulatoire n'est aujourd'hui plus efficace et ne donne pas une image exacte de ce que je suis au plus profond de moi.
Je suis toujours en recherche d'un moi fidèle à mon essence propre, mais je crois que les gens ne sont pas en mesure de le découvrir quand ils lisent des choses négatives. C'est assez regrettable, je trouve, de ne pas savoir faire la part des choses et de ne retenir que le négatif peu engageant chez l'autre. Etant moi-même atteint de cette tare, je comprends cela. Je le déplore et je le comprends.
Est-ce à dire que je serai en train de me tourner vers le paraître ?
Je ne le crois pas. Je n'estime pas céder à la pression sociale. Je suis juste en recherche d'un moyen plus approprié pour exprimer mes points de vue. Et, accessoirement traiter de sujets jamais ici abordés. Notamment de l'amour. Et pour le coup, je sens que ça va être bien compliqué d'en parler dans le respect de l'anonymat d'autrui...
Bref, tout ça pour dire que je mute, je cherche et ça me bouffe de ne pas être en mesure d'en parler ouvertement sans moi-même exercer une pression sur autrui.

Commentaires
Moi qui ne méprise pas le paraître, parce que je considère le « jeu » social comme une partie de ce que nous sommes, et donc pas obligatoirement malhonnête, je crois aux théories des « couches » : on a plusieurs réalités, lesquelles se superposent et s’entrecroisent.
Muter, c’est bon, de toute façon, ça prouve qu’on est en vie, il semble (et c’est quand même pas mal).
Je ne méprise pas le paraître, je le trouve inapproprié dans les rapports humains autres que ceux liés directement au boulot. Evidemment que je suis contraint de faire des efforts de communication si d'aventure je suis en contact avec la clientèle !
Mais dans les rapports sociaux familiaux ou amicaux (yc dans le couple), user de paraître me semble totalement foireux et même dangereux. Un non-dit peut très rapidement se transformer en grosse embrouille, et ça je n'en vois aucune utilité. C'est en ce sens que j'estime l'être nettement plus facile à gérer (n'oublions pas que je suis une feignasse).
Note qu'avec ton boulot, ça deviendrait vite ingérable de n'être qu'être !
je ne sais pas non plus user de paraître dans les rapports sociaux. Par contre, en bon Gémeaux, être "nature" se conjugue aussi avec des non-dits chez moi, parce que parfois j'ai besoin de me protéger ou de protéger l'autre... Mes états d'âme catégorie "boue et vase", je tente au maximum de les contenir .parce que j'ai traversé des périodes de grosses crises où c'était bien pire et pendant lesquelles j'ai trouvé l'aide nécessaire auprès de mes proches. On ne sait jamais, je ne veux pas épuiser mes ressources humaines
Muter c'est bien. Je préfère le papillon à la chenille. Et j'aime assez la tournure que ça prend ici...
Pour les rapports humains, je considère l'ensemble des relations à autrui comme un groupe d'engrenages. Et suis convaincu qu'un peu d'huile facilite son fonctionnement. Moins de grincements, moins d'à-coups, plus d'harmonie.
Comme il existe des cercles vertueux aussi, l'effort apparemment insurmontable du début diminue peu à peu. Et le regard des autres change progressivement notre vision de nous même, donc du monde. Sans trahir forcément notre personnalité profonde.
Comme on dit : "On n'attrape pas des mouches avec du vinaigre".
(hum, chenille, papillon, mouche... je fais dans l'insectitude. Désolé je n'ai rien sur les coccinelles)
C'était ma rubrique "psy en 10 leçons"...
- je pense que tu n'aurais pas du supprimer ta rubrique "boue et vase". on a tous besoin à un moment donné, non seulement d'exprimer nos sentiments les plus noirs, mais aussi être lu ou entendu. pas forcément en attente d'une aide ou d'un retour, juste quelqu'un qui a pris deux secondes la pierre pour nous faire souffler et pour mieux la porter après. alors je te souhaite de retrouver bien bien vite une manière de t'exprimer en toute liberté ici.
- suis pas experte en rapport humain, mais je me soigne. L'âge, le boulot, la vie de couple ou tout mélangé je SAIS que je n'ai plus tout à fait le même caractère qu'il y a 4 ans, que je m'assouplis. Je peux dire des choses très blessantes aux gens sans m'en rendre compte, j'ai du mal à être tolérante (sur des tonnes de choses comme le bruit, une vision différente de la mienne du travail, les moqueries incessantes) mais je prend sur moi et j'essaye de graisser les engrenages. bon des fois j'ai pas d'huile et j'ai franchement pas envie d'en mettre.
- les non-dits qui dégénèrent : bah euh si je prend toujours mon p'tit cas personnel, paraitrait que les femmes soient super fortes au jeu non seulement du non-dit, mais aussi pour monter en mayonnaise des trucs sans intérêt... j'sais j'fais pareil ^^
bon voilà, suis pas très douée pour expliquer ce genre de choses, mais je l'ai fait quand même !
@ saperli : ressources humaines, c'est bien par manque de ressources humaines que "boue et vase" a vu le jour. Aujourd'hui, je n'en ai pas plus qu'hier. Ça me désole un poil, me faut bien l'admettre. Pas vraiment l'impression de trop faire chier mon entourage amical avec mes angoisses, mais je ne suis pas bon juge en la matière (s'ils ne me font pas de retour, je ne risque pas de deviner).
Il se trouve juste que la façon d'exprimer (faudra un jour que je parvienne à pondre quelque chose sur ce verbe bien intéressant) mes peurs, angoisses, doutes ne peuvent plus se restreindre au registre de l'auto apitoiement, de l'auto flagellation.
Je ressens le besoin de dire ça autrement. Mébon, je n'ai pas encore trouvé une méthode satisfaisante.
@ mirovinben : il y a des papillons qui sont pourtant bien plus moches que des chenilles
J'avais bien compris que la catégorie te posait problème... A toi comme à d'autres.
Je ne parviens plus à être calculateur (je ne peux m'empêcher de trouver l'injection d'huile que comme du calcul) dans mes relations aux autres.
J'aurai même tendance à fournir les arguments pour me faire jeter quand d'aventure il y a conflit, ou incompréhension. Quitte à saborder une relation, autant en être maître... C'est d'un con ! C'est un des aspects de ma personnalité que j'aimerai bien voir disparaître, pour notamment ne plus me sentir responsable de tout.
@ Flo : la suppression de "boue et vase" va me forcer à être plus libre, je crois. Plus libre dans le positif. Est ancré en moi le sentiment assez connard que je ne mérite pas d'être heureux, que je n'ai rien de positif à apporter aux autres (après tout, mon "fond de commerce" est quelque peu alourdi dans le négatif, ça doit jouer), d'être dans l'improvisation du plaisir sans être tétanisé.
Je ne me rendais pas compte combien mes "piques" (que je ne conçois pas comme moqueuses) pouvaient te faire du mal. Je m'en excuse et vais essayer d'être moins piquant.