Par exemple, depuis mes 20-22 ans, l'idée d'être père taraude, l'idée que j'aurai fait un père acceptable (voire un bon père) m'écorche le coeur. Je m'imaginais chérir mon enfant (fille ou garçon peu importait), jouer avec, lui apprendre des trucs, parler et l'écouter. Partager tout ce qui fait que moi je suis moi, et lui serait lui. Construire son avenir et me perdre dans l'émerveillement qu'il aurait eu dans le regard.

C'est un peu de la vie qu'on perd définitivement quand on est stérile et qu'on l'apprend sur le tard (2000). Les rêves s'écroulent. Dur.

"Adieu mon enfant, je ne te connaîtrais jamais."

Le pire, c'est aussi de continuer à vivre avec ça.

Le pire est de ne pas penser à la question à déprime intégrée : quelle femme m'aimera alors que je n'ai aucune nouvelle vie à lui offrir ?

Bref, si les petites saloperies de la vie pouvaient m'oublier un peu, je n'en serais pas fâché (car là, licenciement + stérilité + divorce + chômage, c'est bon, j'ai été servi pour quelques temps je pense).