Le premier épisode date du premier jour de maternelle...

Juste avant de me laisser dans la cour de l'école, ma mère m'a dit de ne pas m'inquiéter et que la journée allait passer vite, que nous allions jouer et que l'après-midi on ferait une sieste.
J'ai donc quitté ma mère et dès que la maîtresse est venue vers moi je lui ai demandé où se trouvaient les lits pour la sieste. Elle m'y a conduit et je lui ai dit que j'étais fatigué. J'ai donc roupillé le matin et remis ça l'après-midi après le déjeuner.

Je n'ai aucun autre souvenir de cette période. J'imagine que cela s'est bien passé... Après tout, il s'agit de la maternelle ;-)

Plus tard, au CP, un vieux bonhomme venait, une fois par semaine, nous faire découvrir la musique. Il procédait ainsi : à l'aide d'un doigt il frappait le rythme d'un morceau qu'il fallait reconnaître. J'ai toujours été complètement nul à ce petit jeu...

Quant à la maîtresse, celle-ci venait en classe accompagnée de deux énormes bergers allemands. Quand on allait au tableau, il fallait déjà monter les deux marches de l'estrade puis contourner le bureau par la gauche (le côté où se tenaient les deux chiens) et réciter sa leçon...
Au CP, je n'étais pas un géant, j'avais l'impression que leurs regards me perçaient et qu'ils pouvaient me boulotter un bras lors d'un moment d'inattention.

Dès cette époque, j'ai trouvé que le fond de la classe était quand même nettement plus accueillant que le premier rang.
J'ai alors cultivé un goût pour le silence et faisais beaucoup pour passer inaperçu...

La maîtresse s'est alors plainte de mon comportement trop effacé à mes parents, arguant que je ne donnais pas un bon exemple aux autres élèves.

Un jour, j'ai même été convoqué chez le directeur parce que je refusais d'aller au tableau. J'ai tellement été impressionné devant cet immense type que j'en ai fait dans mon pantalon.

J'imagine que c'est de cette époque que vient ma profonde appréhension des oraux.

Je n'ai pas fini l'année dans cette école, mes parents m'ont mis dans une autre où tout s'est plutôt bien passé jusqu'au CM². J'y ai de bons souvenirs, j'y ai gagné de nombreuses billes et continué mon apprentissage musical... en tentant vainement de jouer du triangle. Cela ne dura pas longtemps : je n'ai jamais été capable de suivre deux rythmes en même temps (vers 14-15 ans, soit quelques années plus tard, j'ai fait une seconde tentative pour comprendre comment je pouvais jouer d'un instrument (bass) tout en suivant le rythme donné par la batterie, mais il a bien fallu que je me rende à l'évidence que ce n'était pas une chose pour moi).

Les années de sixième et cinquième furent plutôt calmes. En quatrième et en troisième je fus copieusement racketté par des élèves de ma classe et de mon âge d'alors.
Un jour, donc, un des deux gars qui me rackettait est venu chez moi (chez mes parents donc), et a voulu que je lui ouvre la porte afin qu'il puisse se servir directement. Evidemment, devant son insistance à donner des coups de pieds dans la porte j'ai du lui ouvrir... Seulement, face à son enragerie, je m'étais préalablement muni d'un splendide couteau à découper le rôti dominical (à l'époque je mangeais encore de la viande). J'ai donc ouvert en lui lançant un très énervé "je vais te planter !". Il m'a alors répondu "T'es malade !" puis a tourné les talons. Je lui ai alors couru après. Nous avons dévalé les deux étages, sommes arrivés au rez-de-chaussées, il a ouvert la porte de la rue, je l'ai suivi. Puis nous avons parcouru 200 bons mètres, lui devant, moi derrière, le couteau entre nous deux. J'ai finalement été rattrapé par un type qui s'est trouvé être mon frère. Il m'a fait asseoir sur le trottoir et a mis 10 minutes à me faire lâcher le couteau. Nous sommes finalement rentrés chez nos parents.
Depuis ce jour, mes racketteurs m'ont soigneusement évités.

Entre la troisième (première du nom) et la terminale (seconde du nom... vous suivez ? ;-) ), j'ai donc redoublé consciencieusement toutes mes classes... Un véritable enfer pour parvenir, à force d'ennui, en terminale avec quatre ans de plus que mes condisciples de l'époque. En décalage complet.

J'ai passé avec brio le bac français lors de ma première première (13 à l'écrit, 10 à l'oral), ce qui m'a permis de m'éviter de le passer la fois suivante mais pas de redoubler malgré tout... Lorsque vint ma seconde terminale, je me suis lamentablement vautré à l'écrit mais ai eu l'occasion de me distinguer à l'oral de rattrapage en présentant le latin et la philo. Je devais déjà être passablement original puisque je me suis fait recaler en beauté par l'examinatrice de philo qui me refusa le pauvre petit point qui me faisait défaut à l'issue de l'épreuve de latin... Elle m'a interrogé sur la Liberté et mon discours n'a vraisemblablement pas séduit mon interlocutrice. Saurez-vous me dire pourquoi ?