Le baptême

Premier Paris-Carnet pour moi et, curieusement lorsque je lis les autres avis, je me fais l'effet d'être un peu bizarre puisque ravi de cette soirée ! Peut-être est-ce dû au fait que le lendemain fut merdique au possible ? Allez savoir...

Arrivé le premier (a priori, mais ne connaissant personne de visu à part Kozlika et Vroumette avec laquelle j'avais déjeuné le midi, je ne pourrais évidemment pas le jurer sur le moindre livre sacré... à ce propos, ça serait une riche idée d'avoir un trombinoscope histoire de réviser un peu avant, surtout pour les ceusses qui viennent pour la première fois, enfin jdçjdr) vers 17h30 à The Bombardier, après avoir, évidemment, fait le tour de la place du Panthéon par son chemin le plus long (à droite lorsque l'on vient de Saint-Michel), j'étais passablement crevé et transi (puisque dehors depuis 14h à piéter dans Paris à la recherche de petits cadeaux à faire à ma moitié).

J'ai ouvert l'huis et suis allé, bien sagement, au fond afin de m'installer dans un maximum de confort pour une attente que je prévoyais un peu longuette...

Deux heures, deux bières et un paquet de pages de mon bouquin actuel plus tard, mes yeux me piquaient, la gorge irritée comme après 4 heures de cours à blablater sur le "comment arrêter de se faire avoir par son ordi" alors que je n'avais dit qu'une dizaine de mots (une bière blonde, s'il vous plait, n'importe laquelle, merci) au barman du lieu, mon hypocondrie me souffletait à l'oreille un probable début de développement de cancer de la gorge, voire des poumons...

Un défilé a alors commencé à se mettre en place : des hommes et des femmes, parfois seuls, parfois en groupes, pointant le bout d'un nez jusqu'au fond de la salle, regardant derrière les piliers et repartant visiblement désappointés. Au bout d'un certain temps, j'ai décidé de combattre ma profonde timidité (c'est minable ces ricanements qui secouent certains !) et j'ai demandé au jeune gars qui me bouchait la lumière s'il venait pour le Paris-Carnet ? Il me répondit un Oui un peu ahuri au regard du nombre de siège encore disponibles à cette heure. Il s'est assis, me suis présenté, lui de même et m'a lancé un ah... brol quelque peu énigmatique. Ayant décidé d'être convivial, je n'ai rien dit.

S'avisant que ses comparses s'étaient trouvés une table plus grande avec surtout plus de sièges libres, nous sommes allés les rejoindre et j'en ai profité pour me prendre une autre bière. Là-dessus, un gars est venu nous parler de vlog, de la "moralité" de se servir sur d'autres blogs pour enrichir le sien et d'Overblog que je ne connais pas du tout. J'avoue n'avoir pas été du tout convivial, sur le coup. Le gars ne s'est pas démonté et est allé squatter l'autre bout de la tablée. Et l'attente recommença...

Face à moi un superbe écran avec du cricket (d'après ce que disait Lewis Scarole (je crois)). Ne comprenant absolument rien à ce jeu et comme je commençais à être un peu bourré, je suis sorti prendre l'air et surtout tenter de joindre (pour la quatrième fois de la journée) mon cher frangin afin de s'accorder pour le lendemain. J'en ai profité pour allumer une de mes cigarettes à l'eucalyptus et me faire arrêter par des flics qui ont regardé mon paquet avec un certain intérêt : ça s'achète où ? ... en pharmacie ? ... faudrait pas se foutre de nous... dites chef, de la busserole, c'est quoi ?. Evidemment, je vous la fais courte. Toujours est-il que je n'ai pas eu mon frangin mais une panseuse qui m'apprit qu'il opérait, j'ai donc demandé (en insistant lourdement comme je sais si bien le faire) à ce qu'il me laisse un message quand il sortirait du bloc afin de me dire où il habite et comment et à quelle heure m'y pointer puisque je devais y dormir en échange d'un peu de maintenance sur son pc nourri buggé au norton, comme il était convenu depuis plus d'un mois...

Après ça, je suis rentré et ai été accueilli par une foule en délire qui me fixait comme si j'étais le Messie, sauf que ce n'était pas moi et mon sapin mais l'écran de télé qui était l'objet de toutes les attentions... Grosse déception, tout à coup !

Quelques minutes plus tard, ils ont mis le son en accord avec l'image, un grand mouvement de repli vers loin, ailleurs, dehors, viiiite s'est amorcé et comble d'ironie, moi qui cherchais Franck-Paul pour enfin faire sa connaissance de visu après moult échanges tant sur le forum Dotclear que via chat, alors que je demandais à Olivier G., au cas où il le croiserai, de lui passer mon bonjour, ce dernier me dit salut, Franck c'est moi.

Le reliquat de ceux qui n'avaient pas déjà fui The Bombardier se retrouvèrent dans un café place de la Contrescarpe à deux pas d'où j'ai habité pendant plus de 20 ans quand j'étais encore parisien fou, j'ai trouvé ça quasi aussi marrant que de savoir que Kozlika et moi avions été dans le même lycée.

On s'est installé là où les gentils commerçants du lieu ont bien voulu de nous : dehors dans le froid de la terrasse. Loués soient-ils...

Seule Kozlika est restée debout histoire d'être plus proche de son dieu du moment. On a eu la gentille visite d'un charmant garçon qui nous a conjouit pour la première tournée avec une Guiness pour un des blogueurs dont je ne me souviens plus du nom, enfin sur son manteau. Puis, j'ai eu un coup de fil d'un ami qui m'annonçait qu'il ne pourrait venir le lendemain car bloqué à Montpellier avec un tour de rein épouvantable. J'ai posé ma doudoune qui sentait bon sur une chaise parce que j'avais trop chaud (moi) et je suis allé discuter avec Traou de couettes. Quand je suis revenu à ma place aux côtés de Franck et Y@nn, Veuve Tarquine, ayant fini sa conversation sur le thé avec Maître Eolas, s'est proposée de nous payer le coup. Pour fêter ça, le gentil garçon si aimable de la première fois a baptisé ma doudoune qui sentait alors encore bon avec un chocolat qui s'est révélé, au demeurant, parfaitement dégueulasse. J'ai abandonné ma convivialité légendaire quand je me suis rendu compte que ce charmant garçon en avait foutu également dans ma poche intérieure et que mon chéquier baignait dans 1/2 centimètre de liquide brûlant. Le si serviable serveur ne s'excusant pas je lui ai demandé de m'envoyer son patron qui m'assura que les frais de teinturier seraient remboursés (je vous tiendrai au jus). Sur ce, le mari de ma logeuse est venu m'avertir qu'on levait le camp (il est tard, demain, on bosse). J'ai dit au-revoir à (presque) tout le monde, même à xave qui est charmant et se tient bien en société (contre toute attente) et on est parti dormir dans leur banlieue.

Ma nuit chez Vroumette se passa fort bien malgré les ressorts du lit de son fils qui tentèrent d'entraîner mes douleurs dorsales dans une ronde sans fin et le réveil de la montre de son fils qui se mit à couiner à 5h pétantes !

Me suis réveillé vers 9h, ai réalisé que mon portable était totalement déchargé et qu'une fois celui-ci branché sur le secteur je n'avais aucun message de mon frère. Je l'ai donc appelé et ai eu son répondeur. J'ai essuyé 4 échecs avant de l'avoir enfin et de l'entendre dire alors que je lui demandais ce qu'il foutait et pourquoi il ne m'avait pas laissé un message ben j'attendais que t'appelles !

Ben voyons...

Là-dessus, il m'a dit que ça serait mieux que je me rapproche le plus possible du métro Nation et qu'il viendrait me chercher en voiture vers midi et demi, puis me "cracherait" chez lui pour que j'arrange son pc pendant qu'il retournerait opérer des gens, parce qu'il n'a pas que ça à foutre, il travaille, lui !...

Ah bon...

J'ai raccroché et je me suis dit que, finalement, il existait des gens charmants qu'on n'a jamais vu et que cette "invitation" de mon frère à me considérer comme une grosse merde nauséabonde de peu d'importance devrait m'inciter à aller voir ailleurs que chez lui si j'y suis.

J'ai donc appelé Franck et lui ai demandé le numéro de portable de la Fée (ayant dans l'idée de me faire héberger chez elle, Meusa n'étant pas là). Il ne l'avait pas et ne pouvait pas non plus me loger pour la nuit (des squatters ayant déjà élu domicile sur son parquet), j'ai alors appelé Vroumette. Elle ne l'avait pas non plus mais m'a proposé de laisser un mot sur le blog et que cette dernière étant totalement accro me répondrait très rapidement. J'ai donc utilisé le curieux pc de Vroumette, ai laissé mon appel au secours à Anne lui demandant de m'appeler. Et je suis parti pour Paris.

Une heure plus tard, je me suis retrouvé chargé comme une mule avec mon sac à dos, mon sapin sur la tête et un gros sac FNAC avec dedans un petit banc tout rikiki, un casque de hussard et 24m de câble rj45 que mes parents n'avaient pas utilisés et qui fait sonner les portillons antivol des magasins afin d'occuper les vigiles, à chercher un restau végétarien dans Paris.

Vers 15h, ayant épuisé les différents points de vue qu'offre le Canon des Gobelins, j'en ai eu marre de tout ce brol de débile (entre temps, j'avais eu mon frangin et lui avais dit d'aller se faire foutre, qu'il existait des gens charmants qui accueillaient les inconnus avec une gentillesse incroyable et que lui qui prétendait se faire une joie de me montrer sa maison il n'en était visiblement pas capable ; à noter qu'il n'a pas rappelé pour s'excuser... faut dire que j'aurai dû me méfier, connaissant ses façons).
N'ayant pas de nouvelles des différentes personnes susceptibles de m'héberger, j'ai demandé à mon âme sœur de me réserver un billet de retour et me suis acheminé vers la gare Montparnasse.

Bien évidemment, il a fallu que mes contacts ne me joignent qu'après le compostage de mon billet...

Bah, vu l'état dans lequel j'étais (plus du tout convivial notamment), c'est aussi bien car je n'aurai pas été de bonne compagnie. Mais bon tout de même, j'ai des regrets.

Comme l'écrivait Kozlika, les gens gentils c'est chiant, trop de décalage avec les ceusses dont on devrait pouvoir s'attendre à un minimum de considération qui, finalement, ne viendra jamais !

Bref, je me sens humilié, profondément et comme je peux être très rancunier...

Commentaires

1. Le dimanche 5 mars 2006, 08:13 par Franck

Voilà une journée dont tu devrais te souvenir pendant un moment ! J'ai apprécié de te rencontrer de visu, je préfère ce genre de rencontre, je dois me faire vieux, le virtuel c'est bien un moment, mais après il me faut du tangible ;-)

A bientôt (virtuellement ou réellement)

2. Le dimanche 5 mars 2006, 10:36 par samantdi

Ah Brol, quand tu te mets à faire un billet, ce n'est pas de la rigolade ! C'est comme si j'y étais !

Le coup des cigarettes à l'eucalyptus est drôle et me rappelle la douce odeur dans ma cage d'escalier et les hypothèses de TarVal et Xiaojie ... :-)

Pour le frère, par contre... Peut-être que dans les familles certains membres pensent que les liens "du sangue" sont si forts qu'ils peuvent justifier toute désinvolture, toute goujaterie. Alors que les relations humaines ne sont jamais données comme ça, elles peuvent tomber en décrépitude si on ne les entretient pas. J'espère que ton attitude servira de leçon à ton frangin s'il a le temps de réfléchir entre deux trépanations et trois pontages.

Bon dimanche brol, à bientôt (une bise à ton épouse!)

3. Le dimanche 5 mars 2006, 12:08 par brol

@ Franck : un commentaire et un trackback, mais mon ami, tu veux exploser mes stats ?
En effet, je vais me souvenir de mon séjour parisien, mais vais tout faire pour oublier le plus rapidement possible la journée du 2 qui, malgré les appels de quelques-uns, fut particulièrement pourrie.

@ Samantdi : l'olibrius est chirurgien dans la partie ventre mou (tripaille et merdaille), ce qui, finalement, n'étonnera guère.

4. Le mercredi 8 mars 2006, 22:28 par Vroumette

Tu sais, j'ai demandé à mon grand lorsqu'il est revenu de sa classe découverte pourquoi il avait programmé sa montre à 5 heures du matin (parce que quand même je trouvais ça bizarre). Sa réponse : "ah oui, je l'avais programmé pour me lever très tôt le jour de mon départ, mais je ne l'ai pas entendu et j'ai oublié de la prendre" => tu vois, ça promet.

La porte de la maison reste grande ouverte pour ta moitiée et toi (et chuis désolée pour le lit, pourtant le lit n'est pas vieux). La prochaine fois : le lit à étage !

5. Le mercredi 8 mars 2006, 23:06 par brol

Bah, ne te bile pas, je suis habitué à un futon assez plane et dur. Ce fut un plaisir de te rencontrer et d'être si bien accueilli par des presque inconnus ;-)
Je garde de très bons souvenirs jusqu'à 12h30 où l'énervement m'a fait exploser et dire à mon frangin laisse tomber, je n'ai pas besoin de toi (version soft).

6. Le jeudi 9 mars 2006, 19:26 par akynou/racontars

PAs fameuse ta journée 2. J'espère que tu reviendras et que des presque inconnus te ferons passer DEUX journées agréables et mémorables :-)

7. Le vendredi 17 mars 2006, 12:34 par brol

C'est noté, nous serons peut-être deux... ;-)

8. Le mardi 4 mars 2008, 19:53 par Jahirga

Le patron du si gentil et si maladroit serveur de chocolat chaud vous a-t-il finalement remboursé les frais de teinturier (voir § 12) ?

9. Le mardi 4 mars 2008, 19:57 par brol

J'ai fait le lavage moi-même, trop de zinzin pour si peu.

10. Le jeudi 3 juillet 2008, 15:10 par Antivols

Bonjou,r sur ce point : 'a droite lorsque l'on vient de saint-michel' ; je ne vous suis pas toutà fait :) billet intéressant en tout cas ! toujours un plaisirde vous lire, @+

11. Le jeudi 3 juillet 2008, 20:51 par brol

Tferfoot !
J'ai supprimé le lien vers ton site. Va faire ton spam ailleurs, trouduc !

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1. Le dimanche 5 mars 2006, 08:14 par Carnet :: Franck Paul

Paris Carnet XXXIIe édition

Désabusé ! Je crois que c'est le mot. Ce 32ème Paris-Carnet m'a laissé cette impression. Il a commencé dans un bar pub plein d'hooligans amateurs de football, et où il fallait batailler ferme avec les coudes pour arriver jusqu'à l'arrière...