Un champ comme les autres, mais qu'y ont-ils planté ?
vendredi 14 octobre 2005, 16:50 - pouet
… Parachutée de l'autre côté du miroir
Du monde ancien et manichéen
L'aube revient embraser l'espoir
Pour découvrir un lendemain…
… La route est longue pour parvenir jusque là
Longue comme une vie peut l'être parfois...
Comme expulsé d'une fronde
Je tombe dans l'octogone
Affronter l'unique voie s'offrant à moi
Quel que soit l'endroit où porte le regard
Tout de fer ouvragé et alambiqué
Un immense portail lugubre m'entoure
Et protège l'issue
Du moindre sens commun
Et je passe la porte
En quête de découverte
Sur moi et sur tous
Afin d'enfin tout appréhender
Pourfendant le noir et l'obscurité
Livré à lui seul
Comme un sacrifice humain
Je poursuis sans fin mon chemin
Affronter l'inconnu
La vue n'accroche rien d'autre
Que le long ruban grisâtre
Nulle poussière
Nul bruissement
Même celui inexistant du vent
Juste l'ouragan dévastateur
Occupant tout esprit
Où se débattent les démons intérieurs
Nulle odeur nulle distraction
Pour détourner l'étranger de son destin
Juste au loin l'horizon indistinct
Le plomb de dessus ma tête
Cède peu à peu le passage
A l'aube naissante
Qui teinte la vie de gris
Le soleil s'échappe enfin et illumine l'action
Pourfendant l'esprit vide
Où l'ennui danse
Dans une marre de sang noir et terne
Ultime dépotoir
Des restes de l'enfance
Aux odeurs putrides
Polluent l'espoir
De dévoiler la fin du chemin
Couche après couche
Chacun dépose son héritage
Pour plus tard prendre sa quotte-part
L'enrichissement est constant
La soif insatisfaite
Nul repos est permis
Comme un champs inlassablement labouré
Le paysage se déforme
Tout comme la beauté des formes
Enlaidit notre vision des autres
Tout pousse tout se transforme en ce lieu
Nul cycle n'y est étranger
Au loin le champs s'étale calmement
Interrompu régulièrement par des pieux
Forts enfoncés dans l'humus
Comme des bougies sur un gâteau d'anniversaire
Toutes présentes pour fêter dignement
Chaque jour ou un nouvel arrivant
Ou une autre année écoulée
Ici rien ne bouge et pourtant
Ils sont si nombreux
Une multitude
Tous bien compartimentés
Alignés méthodiquement
Comme à la parade
Minéral végétal ou animal
Se repaissant de la fin des uns des autres
Gâchent leur jeunesse dans toute cette faim
Les pierres effleurées par un vent
Qui jamais ne sera assez puissant
Jamais ne seront érodées
Ici gisent maintenant
Et ce jusqu'à la fin des temps

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