Mauvais client, changer client...

Le 1er septembre dernier, au matin, je me suis pris par la main et suis allé chez un ancien client afin d'y récupérer un routeur dlink di-604 que je leur avais prêté dans un élan incontrôlé de gentillesse...

Je m'y pointe donc, toque et ouvre la porte des locaux, fais risette à la plante verte, répondant au doux nom de "Josiane", qui fait office de secrétaire, adresse un mouvement de tête à l'animatrice de la filière "viandes" qui me renvoit son doux regard bovin et mande le directeur.
La plante verte me dit "Alphonse est en ligne... ah il vient de raccrocher".

Je toque à ce nouvel huis et entre derechef dans un bureau fleurant bon le tabac à rouler froid et annonce guillerettement à l'heureux élu de sa mauvaise journée "salut, je viens reprendre mon routeur".
Sur ce, je me baisse afin de débrancher le bidule pour l'embarquer.
C'est alors que mon gugus me gueule "arrêtez ça tout de suite et sortez de mon bureau".
Je fais la sourde oreille et me redresse avec dans l'idée de continuer dans les plus brefs délais ma petite tâche ô combien joyeuse... et répète à mon gugus handicapé de la comprennette "ce routeur est à moi, ça fait 3 mois que vous l'avez, je suis venu le récupérer".
Là-dessus, voilà mon gugus qui contourne vivement son bureau et tente vainement de me faire sortir manu militari de son cendrier froid...
La pose est cocasse, lui accroché à mes épaules, bandant ses pauvres muscles à me répéter "sortez de mon bureau, vous n'avez rien à faire ici" et moi restant en place, têtu comme un âne à lanciner "je ne partirai pas d'ici sans mon routeur"...
Constatant ma persistance, Gugus lâche mes épaules, ferme la porte de son bureau, me lance un "restez ici" péremptoire auquel je rétorque avec un fort esprit d'à propos "faudrait vous décider mon vieux", retourne derrière son ordi, y fait une petite requête google, parvient après quelques opérations longuettes à un site, note un numéro, se dirige vers son téléphone et dit à la suite de l'audition d'un disque entraînant "allo, la gendarmerie ?"...

Et voilà Gugus qui raconte : "Un homme que je ne connais pas vient de forcer la porte de mon bureau. Cet inconnu affirme que du matériel informatique serait à lui dans nos locaux et exige de le récupérer, que dois-je faire ?".
J'ai presque eu envie de lui dire "achète donc un cerveau", mais je ne pense pas qu'il aurait bien perçu mon humour...

Gugus écoute et indique où est située la petite assoc dont il est le directeur fantoche puis raccroche et me dit "j'ai appelé les gendarmes, ils arrivent" ce à quoi je lui réponds être pourvu de deux oreilles en parfait état de marche.
Un brin excédé il me somme de sortir de son bureau, j'obtempère avec plaisir et vais faire prendre le frais à ma cigarette à l'eucalyptus...

Quelques minutes plus tard, une espace bleu gendarme entre dans la cour du château, en descendent deux représentants des forces de l'ordre.
Gendarmes : "Messieurs bonjour, que se passe-t-il ?"
Gugus : "cet individu que je ne connais pas a forcé l'entrée de nos locaux et dit vouloir reprendre du matériel informatique qui, dit-il, lui appartiendrait, je peux pas vous dire s'il dit vrai, je suis le nouveau directeur, ça fait pas deux mois que je suis ici..."
Gendarmes à moi : "vos papiers s'il vous plait, vous avez une preuve de l'appartenance de ce matériel ?"
Moi présentant ma carte d'identité périmée : "bien entendu, voici la facture (à mon nom) du matériel que j'ai prété courant mai dernier afin de dépanner cette assoc, j'ai pendant quelques mois assuré la maintenance informatique ici, j'ai également la boîte d'origine comportant le numéro de série de l'appareil que vous pourrez comparer au-dit matériel..."
Je lance alors un coup d'œil à Gugus qui vient d'abandonner son petit sourire...
D'un coup je ne suis plus un inconnu, j'ai également des papiers prouvant mes dires... les gens prévoyants sont vraiment méchants !

Nous entrons dans les locaux et mettons les pieds dans le cendrier géant.
Les gendarmes comparent les numéros de série (boîte/cul du routeur), comparent le nom sur ma CI et celui de la facture et me disent : "aucun problème, vous pouvez reprendre votre matériel"...
Gugus regardant les gendarmes me demande si je ne voudrai pas lui vendre le routeur.
Je refuse argant que "je suis venu aujourd'hui pour récupérer un matériel gracieusement prêté et que j'aimerai le récupérer car j'en ai besoin maintenant, matériel prété il y a plus de 3 mois, je pensais que vous l'aviez compris lorsque vous m'avez convoqué le 15 juin dernier afin que je vous précise mes domaines d'intervention dans l'association dont vous preniez alors la charge, j'ai estimé qu'un délai de 3 mois devait être suffisant, il faut croire que j'ai été trop optimiste".
Mon petit discours ne séduit pas mon Gugus qui s'adresse alors aux gendarmes "rien à faire, il fait ça pour m'emmerder".
Les gendarmes me disent alors que je pourrai en racheter un autre qui serait neuf, ce à quoi je leur rétorque qu'étant au chômage, j'ai autre chose de bien plus passionnant que de faire la queue dans des magasins d'informatique afin de combler l'incompétence de certains...
Les gendarmes me disent alors de rédiger une lettre détaillant que je suis propriétaire du matériel et que je le récupère ce jour.
Je m'y plie avec un plaisir contenu.
Lettre que mon Gugus contresigne, Gugus ne sourit plus.
Puis je débranche le routeur, récupère le bloc secteur et lance un "je vous souhaite un bon appétit".
Je sors.

Pauvre Gugus, il n'a plus de liaison internet, plus de serveur DHCP donc plus de LAN et plus d'imprimante réseau...
Décidément, les gens sont méchants et n'aiment pas prêter...

01-09-04

Commentaires

1. Le jeudi 17 novembre 2005, 13:18 par David Latapie

À peine croyable… Vous avez été trop gentil, j’aurai rétorqué :

« mmh... Voyons, oui, je pourrais vous le vendre »
J’attends qu’il sourit et se fasse une fausse joie, puis :
« Mais vu votre comportement pathétique, c’est hors de question. Vous devriez avoir honte de vous.  »

2. Le jeudi 17 novembre 2005, 14:08 par brol

Quelques semaines plus tard, Gugus et l'association se virent refuser par le banquier de continuer à couvrir leur petit découvert. Le tribunal passa par là et mis en faillite la dite association. Le petit découvert s'élevait à plus de 200.000€...
Non, vraiment, les gens sont méchants, ils n'aiment pas prêter...

Ce qui est malheureux dans cette histoire c'est qu'il y eut des salariés à la rue !
Sans vision à long terme, à part le mur, je ne vois pas ce que l'on peut récolter !

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